Paul David Wright, peintre sculpteur


Paul David Wright - Photo Etienne JAMINET
DU LONDRES DES PINK FLOYD AU MONTMEDY DE P. WRIGHT


« De Londres à Montmédy, ma relation à l’art n’a pas changé. Elle n’est pas nourrie par l’extérieur et la médiatisation », explique Paul David Wright. 
Pensionnaire d’une casemate à la citadelle de Montmédy, le sculpteur anglais Paul David Wright, référence dans l’art contemporain de son pays pour avoir travaillé avec le groupe Pink Floyd, est toujours aussi engagé.
Du Londres bombardé par les nazis à la citadelle de Montmédy prise d’assaut par les touristes et passionnés d’art : c’est le trajet effectué par le sculpteur anglais Paul David Wright au cours de sa vie.
Aujourd’hui occupant d’une casemate, l’un de ses trois ateliers, dans ce haut lieu historique de la Meuse, c’est avec la mère de ses trois enfants qu’il se déplace. Anne-Catherine lui sert d’interprète comme elle a nourri ses créations depuis leur rencontre, il y a trente ans. «Après mes huit années aux Beaux-arts de Londres, diplômé du Collège Royal et médaille d’or pour travaux d’excellence, j’ai réalisé d’importantes commandes pour les plus grands bijoutiers du monde comme Dior. Les pièces étaient installées sur mes oeuvres.»
Simple, souriant, Paul David décrit son impressionnante carrière sans nostalgie, « car j’ai mon chemin artistique et je le suis » : participation à la création de marionnettes géantes pour le mythique film The Wall ; réalisations de décors gonflables et de maquettes pour les plus gros concerts des Pink Floyd, des Rolling Stones, de Jean-Michel Jarre ou encore de U2, etc. «Mais tout ceci était la partie commerciale de mon travail.»
La face émergée de l’iceberg en quelque sorte. Sous la surface de l’eau, c’était une autre histoire. Plus sombre, mais également plus forte et plus intéressante : en 1974, Paul David Wright recevait la visite d’un avocat de la Reine d’Angleterre. « J’étais à l’époque en résidence de création au Pays de Galles. Il m’a expliqué être attiré par ce que je faisais. Il m’a proposé d’être mon mécène, à l’unique condition que je le mette en scène dans des performances régulières. J’ai accepté. »
« Ma vie est un hasard »
De ce partenariat particulier ressortent des centaines de vidéos étranges, photographies dérangeantes,  sculptures déroutantes. Et toujours engagées.
Exemple : l’homme est souvent habillé d’une combinaison intégrale en latex peinte par l’artiste. On peut le voir assis sur un véritable missile de l’aviation anglaise. «Je suis très affecté par la dignité de l’homme bafouée dans le monde, par l’injustice politique et je l’exprime. Pakistan, Afghanistan… Il y a tellement de lieux sur terre ou c’est le cas. J’ai subi les bombardements. Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est facile de traumatiser un enfant ; et cela dure toute une vie. Avec mon mécène, qui était devenu accro de notre activité, on travaillait là-dessus. Et puis on débattait, souvent.»
Il y a quelques années, la relation a pris fin à cause de soucis de santé de l’ancien avocat. Et Paul David Wright a tracé sa route, délaissant son grand appartement du centre de Londres, qu’il prête aujourd’hui à une demi-douzaine d’artistes européens à la renommée croissante, pour atterrir dans les Ardennes et à Montmédy.

Changer le monde
Mais pas si loin que ça des lumières de la ville. Il est présent en bonne place dans la galerie Saatchi, référence dans l’art contemporain d’Outre-Manche. Et en mai 2011, il exposera sur l’ensemble du Centre mondial de la paix à Verdun une grosse partie de ses oeuvres.
Des créations qui pointeront « les valeurs dont on parle aujourd’hui et qui sont destructrices pour l’homme. Pour moi, un artiste doit avoir un regard et un avis sur le monde. L’art décoratif n’est pas de l’art. On doit  s’opposer, et tenter de changer le monde. »


Sébastien BONETTI. Le républicain Lorrain - Août 2010

Contacter Paul David Wright

Tél. +33 (0)3 24 30 36 77 ou +33 (0)6 10 50 46 52
Mail : paulwright@orange.fr

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire