Montmédy - Les ruines ont la cote par Nastassia Solovjovas


R.L. du 10-10-2012
MONTMÉDYLes ruines ont la cote

À Montmédy-Haut, de plus en plus de particuliers rachètent et retapent des habitations en ruine.


Depuis les années 2000, des particuliers rachètent les maisons en ruine. Il y a aujourd’hui 80 habitants à Montmédy-Haut.   Photo archives RL Jacques Kerambrun
Depuis les années 2000, des particuliers rachètent les maisons en ruine. Il y a aujourd’hui 80 habitants à Montmédy-Haut. Photo archives RL Jacques Kerambrun

De petites maisons sur trois ou quatre étages, des volets colorés, des murs couleur ocre et une vue imprenable sur les remparts de la Citadelle. La plupart ont été construites au XVIII e ou au XIX e siècles. C’est ce qui fait le charme du village situé sur les hauteurs de Montmédy dans le Nord meusien.
Depuis deux ans, le nombre de particuliers qui rachètent ces petites bâtisses tombées en ruine, ne cesse d’augmenter. « Je n’ai jamais vu autant d’échafaudages dans le village. Actuellement, quatre maisons sont en train d’être retapées », s’exclame avec un grand sourire Jean Chevalier, responsable de l’Office de tourisme. Au 4 rue de la Sous-préfecture, Stéphane Roset, maçon, montre l’avancée des travaux. « On a commencé le 16 avril. Je fais les gros œuvres. Ensuite, je la revends », explique celui qui est en train d’en retaper deux autres. Pour la ville de Montmédy, Stéphane est un peu un sauveur. « S’il ne l’avait pas rachetée, à cette heure-ci on serait en train de la détruire. C’est une partie du patrimoine qui est sauvée », explique Jean Chevalier.

Caves du XVI e siècle


Le toit effondré, des poutres cassées et des barrières pour ne pas s’approcher, la maison était dans un sale état. Un investissement important pour Stéphane, d’origine belge, qui pense la revendre autour de 110 000 euros. Et il a du monde qui attend à la porte. « J’ai déjà trois, quatre propositions », précise le bricoleur. Lui-même a décidé de se garder l’une des maisons dans la rue du Gouvernement. « Il y a des caves voûtées qui datent du XVI e siècle et un puits de lumière qui la rend encore plus magnifique », lance l’homme, tombé amoureux de ce village hors du temps. « Ici, les maisons ont une âme », conclut-il. « Les gens qui reprennent ces maisons sont courageux, car ils font tout par eux-mêmes » tient à préciser Jean Chevalier.
Impossible en effet de faire venir de grosses machines. Montmédy-Haut est seulement accessible en voiture. Du coup, on ressort la petite bétonneuse et on remonte les manches. Dans le village, il y a aussi François Perri qui retape une maison sur la place de l’hôtel de ville pour en faire un restaurant. Et puis, un hôtel va sans doute voir le jour. « Ce projet prendra plus de temps que les autres », précise le responsable. L’habitation dont une bonne partie des murs est en miette, va nécessiter d’énormes travaux. Intrigués, des touristes canadiennes se sont arrêtées devant l’une des habitations en travaux. Solange et Gisèle étaient militaires à la base de Marville. Elles reviennent ici 50 ans après et sont agréablement surprises. « Il n’y avait rien à Montmédy-Haut. Je suis heureuse de voir qu’aujourd’hui il y a de la vie ! », s’exclame Solange avec un petit accent québécois. Dans ce village au décor de cinéma, ils sont aujourd’hui 80 à être tombés en amour pour ces ruines.

Quelques dates


1870 : la Citadelle de Montmédy et son village subissent des bombardements. Ils étaient jusque-là le centre administratif de la ville.
Au même moment, on assiste à l’arrivée du chemin de fer dans la ville basse. Tous les bâtiments sont reconstruits à cet endroit, au détriment de la ville haute, laissée à l’abandon.
Pendant les deux Guerres mondiales, des milliers de soldats vivront sur les hauteurs de Montmédy.
Les années 60 : le village est un quartier populaire où vivent des ouvriers. La commune ne porte pas une grande attention à la préservation des habitations.
Dans les années 80, quelques particuliers commencent à s’intéresser aux maisons qui tombent en ruine.
Le véritable engouement date des années 2000. Des particuliers rachètent les maisons en ruine. Il y a aujourd’hui 80 habitants à Montmédy-Haut.

Nastassia Solovjovas.

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