Pleins feux sur la bière de Charmois


Article du républicain lorrain.


« La Charmoy, c’est comme une petite fille d’Orval »

Charmois a donné son nom à la bière créée par Alain Bonnefoy. Il en a déposé la marque sous le nom de Charmoy. Elle trouve ses racines à Orval, la célèbre abbaye à 25 km de là, en Belgique.



On est au cœur d’une région brassicole. Il y avait ici une brasserie dans chaque village », relève Alain Bonnefoy en faisant visiter l’ancienne laiterie qui abrite, depuis quelques années, sa microbrasserie. « Agriculteur sur mes 30 ha, ça ne suffisait pas pour vivre. Il fallait créer cette activité complémentaire. » Le Musée de la bière à Stenay et la brasserie belge d’Orval, à 25 km de là, ont achevé de convaincre Alain qui n’y connaissait rien en brasserie. « Je suis allé chez les moines à Orval pour découvrir cette bière trappiste. Et j’ai été très bien accueilli. Il n’y a eu aucun problème. Ils ne m’ont pas considéré comme un concurrent. Ils m’ont tout montré, tout appris, rien caché, leurs recettes, les dosages, leur laboratoire. J’ai eu le déclic et je me suis lancé. Mon père dit toujours : " la Charmoy c’est comme la petite fille d’Orval. " »


Alain Bonnefoy va dès lors faire l’acquisition de matériel. « J’ai fait le tour de petites brasseries. C’est un matériel très onéreux, mais j’ai trouvé le bon compromis, des équipements semi-professionnels. Je n’ai pris que du neuf. » Au total, il investit 100 000 € en deux ou trois étapes. Sans emprunt bancaire. « Je l’ai autofinancé. J’y suis allé tranquillement, sûrement, avec l’aide à hauteur de 40 % de la Région Lorraine et du conseil général de la Meuse. »

200 hectolitres

L’exemple d’Orval l’a beaucoup inspiré. « Les moines ont trouvé cette abbaye en ruines en 1932. Ils ont créé une brasserie qui génère de l’argent et permet de financer la reconstruction de l’abbaye. Ils en sont à 4 millions de litres. Moi, j’ai agi un peu dans le même esprit, mais à une bien plus petite échelle. Avec le but de faire vivre Charmois, pour motiver ma famille et continuer à restaurer le site. Et la brasserie, ça motive tout le monde. »

Aujourd’hui, Alain Bonnefoy produit 200 hectolitres de bière. « Ici, je produis le moult que je fais fermenter et qu’ensuite je mets en bouteille. On a une refermentation en bouteille dans la pièce chaude, qui est à 20°C toute l’année. Le gaz se forme de façon naturelle, comme à Orval. Je fais de la bière blonde et de l’ambrée. Je colle moi-même les étiquettes. Je fais une blonde peu amère, douce, fruitée. Et l’autre plus amère avec des notes de grain grillé, caramel. Je fais un brassin par semaine, soit 500 litres. »

Alain Bonnefoy commercialise sa production en vente directe sur place auprès des Meusiens et sur des marchés de terroir. Il écoule aussi sa production via des revendeurs avec les cafés, restaurants, cavistes, sauf les grandes surfaces. Depuis 2004, l’activité est en croissance de 15 à 20 %. Il continue d’investir pour doubler la production d’ici cinq ans. Et Charmois attire de plus en plus de monde. « Nous avons près de 10 000 visiteurs, pour voir le château, la brasserie et profiter occasionnellement du gîte. C’est pour ça que la Ville de Mouzay a complètement refait la route récemment », sourit Alain Bonnefoy.


Alain Bonnefoy veut doubler la production de sa bière.  Photo Etienne JAMINET
Alain Bonnefoy veut doubler la production de sa bière.
Photo Etienne JAMINET

1 commentaire:

  1. bravo les bonnefoy, bravo alain pour ta bière qui est douce, délicate, je déguste encore celle achetée en août....je vais repasser bientôt en chercher, et vous revoir tous surtout

    rita anna de metz

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